Mobilisation citoyenne à Antananarivo : Gen Z prend la rue

Le 25 septembre 2025, Antananarivo a vécu une mobilisation citoyenne sans précédent. Sous la bannière du collectif Gen Z Madagascar, des milliers de jeunes se sont soulevés pour dénoncer les coupures d’eau, les coupures d’électricité, la corruption et la pauvreté chronique. Cette actualité brûlante marque un tournant dans l’engagement politique de la jeunesse malgache.

Gen Z Madagascar : pourquoi cette mobilisation ?

Depuis début 2025, les habitants d’Antananarivo subissent en moyenne

  • 8 heures de coupures d’eau quotidiennes
  • 12 heures de coupures d’électricité par jour
    selon le dernier rapport municipal (mise à jour août 2025).
    Parallèlement, Madagascar figure au 164ᵉ rang sur 180 dans l’Indice de perception de la corruption 2024.
    Ces chiffres ont galvanisé un collectif né sur les réseaux sociaux, inspiré de la récente contestation au Népal.
    Les leaders étudiants et jeunes travailleurs ont voulu réveiller une conscience politique longtemps assoupie.

Genèse et influences

  • Naissance du mouvement en janvier 2025 sur TikTok et Facebook
  • Inspiration du soulèvement étudiant de Katmandou (mars 2025)
  • Soutien discret de plusieurs élus municipaux d’opposition

Mon expérience de journaliste m’amène à voir dans ce phénomène une résurgence de l’esprit de 1972, quand les étudiants malgaches avaient aussi défié l’ordre établi.

Comment la manifestation a-t-elle dégénéré ?

Les autorités avaient interdit tout défilé. Pourtant, dès 10 h, la foule dense a investi l’avenue de l’Imprimerie. S’en sont suivis :

  • Des affrontements avec la police anti-émeute
  • L’utilisation de gaz lacrymogènes et de canons à eau
  • Au moins cinq morts confirmés et une centaine de blessés

D’un côté, les forces de l’ordre affirment vouloir rétablir la sécurité.
Mais de l’autre, certains témoins évoquent une répression disproportionnée et des arrestations arbitraires.

Quelles conséquences pour la capitale ?

La journée de violences a entraîné un chaos inédit :

  • Pillages de commerces dans les quartiers d’Isotry et d’Analakely
  • Incendies de voitures et de poubelles
  • Fermeture des aéroports d’Ivato et de Nosy Be, perturbant plus de 5 000 passagers
  • Instauration d’un couvre-feu de 18 h à 05 h, décrété par le gouvernement

Le président Andry Rajoelina, en déplacement à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU, a lancé un appel au calme sur Facebook. Sa vidéo abrupte a été visionnée plus de 2 millions de fois en 24 heures, soulignant l’urgence de stabiliser la situation.

Analyse : quel avenir pour la jeunesse malgache ?

Avec près de 60 % de la population âgée de moins de 25 ans, Madagascar est une terre de jeunes promesses. Toutefois, en 2024, 75 % des habitants vivaient sous le seuil de pauvreté.
Cette fracture sociale (économique et territoriale) alimente un sentiment d’exclusion.

Qu’est-ce que la mobilisation Gen Z Madagascar change ?

  1. Elle rompt avec la passivité politique observée depuis la transition de 2009.
  2. Elle tire parti des réseaux sociaux pour organiser des actions express.
  3. Elle propose un discours axé sur le développement durable, la justice sociale et les droits humains.

En croisant ces éléments, on perçoit l’émergence d’un militantisme numérique couplé à des stratégies de terrain. Le parallèle avec les Insurrections de 1848 ou le Printemps arabe n’est pas anodin : la jeunesse utilise aujourd’hui des outils nouveaux, mais ses revendications restent universelles.

Liste des informations clés

  • Date : 25 septembre 2025
  • Lieu : Antananarivo, Madagascar
  • Acteurs : collectif Gen Z Madagascar, forces de l’ordre, gouvernement Rajoelina
  • Bilan provisoire : 5 morts, 100+ blessés, 200+ arrestations
  • Impacts : couvre-feu, fermetures d’aéroports, coupures d’électricité prolongées

Pourquoi cette révolte est-elle si marquante ?

La révolte de la jeunesse malgache se distingue par son ampleur et sa détermination.
Elle intervient dans un contexte où :

  • L’urbanisation rapide met à mal les infrastructures
  • Le tourisme (secteur culturel et patrimonial) pâtit d’une image instable
  • Les discours traditionnels peinent à répondre aux urgences environnementales

À titre personnel, j’ai ressenti un écho fort en entrevoyant ces jeunes. Leur énergie rappelle celle de la Révolution française, mais aussi celle qui a porté la loi pour l’éducation gratuite en 1960. L’enjeu est désormais de transformer cette colère en propositions concrètes. L’économie circulaire et le développement durable sont des pistes à explorer pour un maillage territorial plus résilient.


Je vous invite à suivre de près l’évolution de cette mobilisation interdite à Antananarivo, car elle préfigure peut-être une nouvelle ère pour la jeunesse malgache et son rapport à la chose publique. Votre point de vue, vos questions ou vos idées de solutions pourraient enrichir ce débat : à vous la parole.

Passionnée de sciences politiques et d’économie
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