Dissolution des partis politiques au Mali : choc et incertitude secouent Bamako
Le 11 septembre 2025, le colonel Assimi Goïta a annoncé la dissolution des partis politiques au Mali, arguant l’urgence sécuritaire et la stabilité politique. Aujourd’hui, cette décision fait jaillir un séisme institutionnel en plein cœur du Sahel.
Une mesure choc pour la stabilité nationale
Le président Goïta, apparu aux côtés du Haut Conseil de Sécurité, a invoqué la lutte contre les groupes armés du nord et du centre.
• Objectif : recentrer l’action de l’État sur la sécurité nationale.
• Contexte : en 2024, l’INSTAT estimait que 60 % des Maliens jugeaient le climat politique « instable ».
• Justification : éviter les querelles partisanes qui, selon le colonel, entravent la restauration de l’ordre.
Cette mesure suit une montée de la violence au Sahel. Selon l’ONU, 63 % du territoire malien était sous influence de groupes armés en début 2025.
Pourquoi dissoudre les partis politiques au Mali ?
Le gouvernement martèle qu’il s’agit d’un « mal nécessaire » pour restaurer la paix. Le Dr Ibrahim Traoré, politologue à l’Université de Bamako, prévient :
« La suppression des formations politiques peut créer un vide dangereux. Sans structures, les aspirations populaires risquent de s’exprimer par la radicalisation. »
Raisons officielles :
- Renforcer la coordination militaire et civile.
- Éviter les manipulations d’opposition.
- Mettre fin aux blocages institutionnels.
Selon un sondage IMOP (mai 2025), 45 % des répondants pensent qu’une telle mesure accélérera le retour de la sécurité.
Réactions sur le terrain et sur les réseaux sociaux
Dans les ruelles du marché de Medina (Bamako), Fatoumata, commerçante, s’émeut :
« Sans partis, comment entendrons-nous nos voix ? On nous retire notre droit de choisir. »
D’un côté, Moussa, enseignant à la retraite, se dit prêt à accepter « un mal passager » si la paix revient. De l’autre, l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) dénonce une « dérive autoritaire » et presse pour un « dialogue inclusif ».
En ligne, le hashtag #MaliSansPartis a explosé sur Twitter :
- Soutiens : espoir d’une rupture avec les conflits politiques.
- Oppositions : crainte d’un régime sans contre-pouvoirs.
Implications pour la démocratie et la sécurité
Risque de vide politique
Sans partis, l’État manque de relais pour canaliser les revendications.
Dr Traoré alerte : « Le danger de soulèvements spontanés augmente. »
Comment la transition s’organise sans partis ?
Le gouvernement évoque :
- Des assemblées locales par région.
- Des commissions indépendantes de « conseil citoyen ».
- Un calendrier de réformes institutionnelles d’ici fin 2026.
Enjeux pour la société civile
L’AMDH et d’autres ONG appellent à garder intactes les libertés fondamentales. Elles craignent que l’absence de partis n’empêche le développement d’alternatives démocratiques locales.
Pour aller plus loin, explorez nos analyses sur la sécurité au Sahel, la radicalisation au Mali et les réformes institutionnelles en cours.
En mêlant rigueur factuelle et singularité de terrain, ce décryptage révèle l’ampleur de la crise politique au Mali en 2025. Loin du tumulte quotidien, le spectre d’un vide démocratique plane alors que la nation, héritière de l’Empire de Sundiata Keïta, s’interroge sur son avenir.
Je vous invite à partager vos impressions et à poursuivre cette réflexion : comment imaginez-vous la scène politique malienne dans un an ?
