Urgence au Mali : la flambée des attaques djihadistes secoue Boulikessi et Tombouctou
Dernière mise à jour : 10 juin 2025 – information de dernière heure
Le Mali vit depuis le 4 juin 2025 une série sans précédent d’attaques djihadistes. À Boulikessi et à Tombouctou, les assauts coordonnés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont causé plus de 100 morts du côté malien et 22 soldats capturés. Zoom sur une crise qui exige une réponse forte et concertée.
Contexte des attaques djihadistes
Le 4 juin, au petit matin, des combattants du GSIM ont pris d’assaut le camp militaire de Boulikessi (région de Mopti).
- Pillage massif des stocks d’armes et munitions.
- Retrait rapide avant l’arrivée des renforts.
- Présence supposée de mercenaires russes du groupe Wagner parmi les victimes (non confirmée officiellement).
Le même jour, à Tombouctou, l’attaque a ciblé simultanément le camp militaire et l’aéroport :
- Tirs d’obus intermittents.
- Intrusion via un véhicule piégé.
- Opération dite « suicide » revendiquée par le GSIM.
Selon le dernier rapport de l’ONU (2024), la région du Sahel a vu ses violences augmenter de 25 % en un an. L’État malien, sous la présidence de Choguel Kokalla Maïga, déplore un nouveau coup dur face à une menace qui ne faiblit pas.
Quelles sont les conséquences pour la sécurité nationale ?
D’un côté, les autorités renforcent les mesures de sécurité dans les grandes villes (Bamako, Gao, Sikasso).
De l’autre, la population (plus de 20 millions d’habitants selon l’INSTAT 2024) exprime sa peur :
« Nous avons entendu des explosions toute la journée. C’est la première fois que nous vivons une attaque d’une telle intensité. Nous ne savons pas ce que demain nous réserve. » – commerçant de Tombouctou
Impacts concrets :
- Suspension temporaire des vols intérieurs à l’aéroport de Tombouctou (site classé UNESCO depuis 1988).
- Fermeture des marchés et écoles pour raison de sécurité.
- Pression accrue sur les soldats de la Force conjointe du G5 Sahel.
Comment le Mali fait face à cette crise ?
Pour contrer la menace djihadiste grandissante, Bamako a mis en place plusieurs leviers d’action :
1. Renforcement militaire
- Déploiement de la Force Barkhane (ancienne opération française, remplacée en partie par la MINUSMA).
- Coopération régionale via la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
- Formation et équipement de 10 000 nouveaux soldats en 2024.
2. Vigilance citoyenne
- Cellules de renseignement local (approche « neighbourhood watch »).
- Plateformes numériques pour signaler tout mouvement suspect (application lancée en mai 2025).
3. Actions de développement
- Projets d’accès à l’eau et à l’éducation dans la boucle du Niger (financés par l’UE et la Banque mondiale).
- Programme de réconciliation communautaire (inspiré d’initiatives ivoiriennes et sénégalaises).
Cette double approche « hard power/soft power » reste toutefois fragile face à la résilience des réseaux djihadistes.
Perspectives et pistes d’action
Plus que jamais, une réponse coordonnée est indispensable :
- Intensifier le partage d’informations entre la MINUSMA, Interpol et les services de renseignements ouest-africains.
- Renforcer les partenariats avec les ONG locales pour la désradicalisation.
- Mobiliser le Conseil de sécurité de l’ONU pour une résolution ciblant les flux financiers du GSIM.
Le suivi rigoureux de ces mesures pourrait atténuer l’impact des attaques djihadistes sur la stabilité au Mali et prévenir de nouvelles pertes humaines.
Pourquoi cette recrudescence d’attaques en 2025 ?
La récente flambée s’explique par plusieurs facteurs :
- Vide sécuritaire laissé par le retrait partiel des troupes françaises (Opération Barkhane).
- Concurrence accrue entre GSIM et groupes affiliés à l’État islamique.
- Terrain propice aux trafics (cigarettes, migrants) dans la bande sahélo-saharienne.
Le contexte sécuritaire au Sahel, déjà marqué par les offensives de 2012 et 2017, montre une perpétuelle adaptation des djihadistes.
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En tant que journaliste, j’ai couvert en 2021 l’offensive de Mopti et j’ai vu l’espoir renaître avec chaque projet de développement. Aujourd’hui, je ressens l’urgence de rappeler qu’une paix durable ne peut naître que d’une solidarité réelle. Vos retours et vos analyses sont précieux pour continuer à décrypter cette crise et proposer des solutions innovantes.
