Urgence sanitaire en Afrique : dès ces dernières 48 heures, plusieurs pays sont sous haute tension

Au cours des dernières 48 heures, l’Afrique fait face à de nouveaux défis sanitaires et environnementaux, de la flambée de choléra en Angola à la détection de mpox en Sierra Leone. Cet état des lieux actualisé met en lumière l’ampleur des crises sanitaires en Afrique de l’Ouest, soulignant la nécessité d’une coopération internationale renforcée et d’actions immédiates.

Points clés à retenir :

  • 2 cas confirmés de mpox en Sierra Leone (déclaration d’urgence sanitaire)
  • 576 cas de choléra et 29 décès en Angola depuis le 7 janvier 2025
  • 68 % de l’électricité sud-africaine produite au charbon en 2024 (IEA)
  • Présence inquiétante de PFAS (polluants éternels) de Lagos à Casablanca
  • Conférence de Libreville (10-11 juillet) sur la criminalité environnementale

Sierra Leone : déclaration d’une urgence sanitaire

Le 16 février 2025, le gouvernement de Sierra Leone a officiellement décrété une urgence sanitaire après la confirmation de deux cas de mpox. Cette mesure (déjà vue lors d’épidémies passées comme Ebola) vise à :

  • Mobiliser le personnel médical national et les ONG
  • Déployer des laboratoires mobiles pour des tests rapides
  • Assurer la prise en charge des patients (isolement, traitement symptomatique)

Le ministère de la Santé, en liaison avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a lancé une campagne d’information dans les districts de Freetown et Bo. Ce rappel de l’importance des mesures barrières fait écho au travail pionnier de John Snow, l’architecte de la cartographie cholérique à Londres au XIXe siècle.

Un héritage de résilience

D’un côté, la Sierra Leone conserve une mémoire forte de la guerre civile et de l’épidémie d’Ebola (2014-2016). Mais de l’autre, elle tire les leçons d’une préparation sanitaire désormais plus structurée. En matière d’urgence médicale en Afrique, Freetown se positionne en tremplin pour l’Afrique de l’Ouest.

Comment l’Angola fait face à l’épidémie de choléra ?

Depuis le 7 janvier 2025, l’Angola affronte une violente flambée de choléra. Les chiffres officiels du ministère de la Santé annoncent :

  • 576 cas confirmés
  • 29 décès recensés
  • 19 municipalités touchées dans 4 provinces (Luanda, Bengo, Malanje, Icolo e Bengo)

Les autorités ont mis en place un plan d’action incluant :

  1. Distribution de kits d’hygiène et de purification de l’eau
  2. Sensibilisation dans les marchés (Luanda, Malanje) et villages périphériques
  3. Renforcement du suivi épidémiologique
  4. Collaboration avec l’UNICEF et Médecins Sans Frontières

Mon analyse : la répétition des crises d’eau contaminée révèle un déficit persistant en infrastructures. Pour contrer l’épidémie, l’Angola doit associer investissements publics et civils, tout en s’inspirant des réformes sanitaires menées au Rwanda depuis 2018.

Transition énergétique et santé publique en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud se situe à un carrefour historique. D’un côté, l’économie dépend encore à 68 % du charbon pour sa production électrique (2024, IEA). De l’autre, l’urgence climatique et la santé de millions de citadins (notamment dans la région de Gauteng) appellent à un virage radical.

Points de contexte :

  • En 2024, 472 MtCO₂ rejetés par les centrales thermiques (CSIR)
  • Pic de pollution urbaine record à Johannesbourg en juillet 2024
  • William Kentridge illustre cette dualité dans ses fresques urbaines sur la dégradation de l’air

L’abandon progressif du charbon (objectif de -50 % d’ici 2030) s’impose pour réduire les pathologies respiratoires, responsables de plus de 15 000 décès annuels (2023, DOH). Les énergies renouvelables (solaire, éolien) offrent non seulement un moyen de lutte anti-CO₂, mais aussi un vecteur d’amélioration de la qualité de l’air et de création d’emplois verts, à l’instar du « Green New Deal » africain porté par l’Université de Cape Town.

Enjeux environnementaux : PFAS et criminalité faunique

Au cœur d’un continent longtemps épargné, deux fléaux émergent :

PFAS : substances per- et polyfluoroalkylées

Ces polluants éternels se bioaccumulent dans l’eau, les sols et la nourriture. Des études récentes (2024) révèlent des concentrations inquiétantes :

  • +30 % de PFAS dans l’eau de Lagos depuis 2022
  • Traces détectées dans les produits carnés à Nairobi

L’offensive continentale contre les PFAS mobilise Etats, ONG et scientifiques. À Casablanca, des laboratoires universitaires testent déjà des filtres à charbon actif, promesse d’une eau plus sûre pour les ménages.

Criminalité environnementale et conflits homme-faune

Libreville (Gabon) a accueilli, du 10 au 11 juillet 2025, une conférence régionale coorganisée par COMIFAC et la CEEAC. Objectif :

  • Élaborer des stratégies anti-braconnage
  • Prévenir les conflits grandissant entre fermiers et éléphants
  • Développer des corridors fauniques transfrontaliers

Des représentants de la France (Ministère de la Transition écologique) et du Gabon se sont accordés sur un plan d’action pluriannuel. Ce dialogue africain illustre l’importance d’une coopération régionale pour protéger la biodiversité et les communautés locales.

Ces événements récents soulignent l’urgence de conjuguer santé publique, équité sociale et protection de l’environnement. Pour prolonger la réflexion, explorez nos dossiers sur la santé communautaire, la pollution chimique et la transition énergétique qui complètent ce panorama. Votre avis compte : comment jugez-vous l’efficacité de ces réponses ? N’hésitez pas à partager vos retours d’expérience.

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