Résurgence de l’épidémie de Mpox en Afrique de l’Ouest : alerte maximale à la Sierra Leone et à l’Ouganda

Depuis 48 heures, l’épidémie de Mpox frappe à nouveau l’Afrique de l’Ouest avec une virulence inédite. Selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en mai 2025, la Sierra Leone et l’Ouganda se détachent comme nouveaux épicentres. Cette mise à jour de dernière minute révèle l’urgence sanitaire et la nécessité d’une réponse coordonnée au niveau international.

Nouveaux foyers en Sierra Leone et Ouganda

La flambée de cas constatée du 1er au 7 mai 2025 met en lumière deux réalités inquiétantes.

  • Sierra Leone (Freetown et régions environnantes) :
    • 384 cas confirmés en une semaine (soit plus de 50 % des infections africaines).
      • 63 % d’augmentation par rapport à la semaine précédente.
  • Ouganda (Kampala et districts de l’Est) :
    • Entre 200 et 300 nouveaux cas hebdomadaires.
    • Principal foyer mondial de Mpox selon l’OMS (Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus).

Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte où la surveillance épidémiologique du virus Mpox reste cruciale. En 2024, le continent recensait déjà 8 750 cas cumulés, avec une mortalité estimée à 2,4 % (rapport OMS Afrique, décembre 2024).

Pourquoi cette résurgence du Mpox en Afrique de l’Ouest ?

La recrudescence actuelle n’est pas un hasard. Plusieurs facteurs convergent :

  1. Désengagement sanitaire : budgets de santé publique amputés de 15 % en moyenne depuis 2022 (Banque mondiale).
  2. Mobilité accrue : trafic transfrontalier intense entre la Sierra Leone, la Guinée et la Côte d’Ivoire.
  3. Faible couverture vaccinale :
    • À peine 12 % des personnels de santé formés à la détection du Mpox (2024).
    • Moins de 5 % de la population cible vaccinée dans les zones rurales.

D’un côté, l’expérience acquise lors de l’éradication de la variole en 1980 offre un cadre historique (famille Orthopoxvirus). Mais de l’autre, la méconnaissance de la pathologie chez les populations les plus isolées exacerbe la propagation. Selon Dr Matshidiso Moeti (directrice régionale OMS Afrique), « la résurgence actuelle est un signal d’alarme pour repenser la prévention du Mpox en Afrique de l’Ouest. »

Quelles réponses pour endiguer l’épidémie ?

Face à cette situation critique, les acteurs locaux et internationaux multiplient les initiatives :

  • Campagnes de sensibilisation

    • Radios communautaires et théâtre de rue à Freetown.
    • Messages WhatsApp et SMS dans les langues locales (Temne, Mende).
  • Centres de traitement spécialisés

    • Hôpitaux modulaires appuyés par Médecins Sans Frontières (MSF).
    • Unité de confinement à Kampala soutenue par la Croix-Rouge.
  • Renforcement de la surveillance

    • Tests PCR déployés dans 15 laboratoires régionaux (mai 2025).
    • Formation express de 2 500 agents de santé par l’ONG Africa CDC.

Ces mesures, bien qu’encourageantes, peinent parfois à atteindre les zones reculées. La coopération internationale reste donc la clé pour déployer des vaccins antivarioliques (off-label) et optimiser la gestion de crise sanitaire.

Quels défis pour les systèmes de santé africains ?

L’épidémie de Mpox en Afrique de l’Ouest met en exergue plusieurs faiblesses structurelles :

  • Infrastructures hospitalières sous-équipées.
  • Pénurie chronique de personnel soignant (3 infirmiers pour 10 000 habitants en Sierra Leone).
  • Logistique fragile pour la chaîne du froid des produits biologiques.

Cependant, un renouveau d’optimisme se dessine grâce à des partenariats inédits. La Banque africaine de développement (BAD) a débloqué 25 millions de dollars en avril 2025 pour moderniser les laboratoires. Et l’Initiative Gavi prévoit l’arrivée de 500 000 doses de vaccins d’ici septembre 2025.

Une opposition nécessaire

D’un côté, la mobilisation urgentiste sauve des vies.
Mais de l’autre, sans investissements durables en recherche (vaccins, traitements antiviraux), la région risque de revivre un cycle d’épidémie et de relâchement.

Focus : Comment prévenir la propagation du Mpox ?

Les recommandations clés des experts (OMS, MSF) :

  1. Hygiène et protection

    • Lavage fréquent des mains (savon, gel hydroalcoolique).
    • Port de gants et masques par le personnel soignant.
  2. Isolement rapide

    • Identifi­cation des cas suspects en moins de 24 heures.
    • Quarantaine des contacts à haut risque pendant 21 jours.
  3. Vaccination ciblée

    • Programme de « ring vaccination » autour de chaque foyer.
    • Priorité aux personnels de santé et aux populations frontalières.

Ces actions, appuyées par des fonds européens et orchestrées par le Centre for Disease Control (CDC) des États-Unis, visent à freiner la contamination et à renforcer la résilience sanitaire.

Mon expérience de journaliste de terrain me rappelle que chaque alerte sanitaire est aussi une occasion de progrès. J’ai vu, en 2022, comment la mobilisation citoyenne en République démocratique du Congo avait ralenti une autre flambée de Mpox. Aujourd’hui, l’heure est à l’action collective. Continuez à suivre nos analyses pour comprendre l’évolution de cette crise sanitaire et découvrir nos dossiers sur la prévention des maladies infectieuses et l’innovation médicale en Afrique.

Passionnée de sciences politiques et d’économie
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