Mpox en Afrique : recrudescence alarmante, nouvelles mesures d’urgence
Actualité brûlante – au cours des dernières 48 heures, l’urgence sanitaire continentale a été déclarée face à une crise sans précédent de mpox, anciennement variole du singe. L’Africa CDC tire la sonnette d’alarme : depuis janvier 2024, 42 000 cas répartis dans 18 pays africains ont été confirmés, provoquant 1 100 décès. La République démocratique du Congo (RDC) concentre à elle seule plus de 49 000 cas signalés depuis début 2024, selon les chiffres officiels publiés le 17 octobre 2024.

Pourquoi observe-t-on une résurgence alarmante du mpox ?

La situation actuelle puise ses racines dans plusieurs facteurs conjugués :

  • Faible couverture vaccinale ;
  • Circulation active dans les zones transfrontalières (Niger, Nigeria, Cameroun) ;
  • Accès limité aux infrastructures de santé, notamment en zones rurales.

D’un côté, le relâchement des mesures d’hygiène depuis la pandémie de Covid-19 a favorisé la transmission. De l’autre, la déforestation accélérée en Afrique centrale (Congo, Gabon) expose davantage les populations aux réservoirs sauvages du virus – rongeurs et primates.

Quels chiffres clés pour mesurer l’ampleur de la crise ?

  • 42 000 cas confirmés dans 18 pays africains (janvier–décembre 2024).
  • 1 100 décès recensés, soit un taux de létalité proche de 2,6 %.
  • Plus de 49 000 cas rapportés uniquement en RDC.

À titre de comparaison, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) maintient depuis mai 2023 le niveau d’alerte sanitaire internationale pour le mpox. En 2023, moins de 10 000 cas avaient été enregistrés sur le continent, selon un rapport de l’OMS. Ces données illustrent la rapidité de la progression du virus en 2024.

Qu’est-ce que l’urgence de santé publique continentale ?

L’Africa CDC a officialisé, le 17 octobre 2024, la déclaration d’urgence de santé publique continentale. Cette mesure a pour objectifs :

  1. Renforcer la coordination régionale entre 55 États membres de l’Union africaine.
  2. Mobiliser des ressources financières et logistiques auprès d’Institution comme la Banque africaine de développement.
  3. Intensifier la sensibilisation sur les mesures préventives – lavage régulier des mains (Hygiène OMS), port de gants pour le personnel soignant, distanciation des malades.

Pourquoi cette urgence ? Elle permet de déclencher un mécanisme de solidarité, similaire à celui du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. À mon sens, c’est un outil indispensable pour éviter une surcharge des hôpitaux et limiter les chaînes de contamination intercommunautaires.

Quelle riposte sur le terrain ?

Campagnes de sensibilisation

Les ministères de la Santé de la RDC, du Nigéria et du Cameroun ont déployé des équipes mobiles pour informer villageois et citadins. Les messages-clés :

  • Éviter tout contact direct avec les malades.
  • Signaler rapidement les premiers symptômes (fièvre, éruption cutanée).
  • Appliquer les mesures d’isolement dans les centres de traitement spécialisés (CTS).

Appui international

Des experts de l’OMS, coordonnés par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, sont arrivés à Kinshasa, Lubumbashi et Goma. Ils apportent :

  • Assistance technique pour diagnostiquer les cas par PCR.
  • Formations aux agents de santé locaux (prévention des infections).
  • Fourniture d’équipements (blouses, masques, kits de test rapide).

Rôle des ONG locales

Les organisations non gouvernementales (Médecins du Monde, Croix-Rouge) assurent un pont logistique vers les villages isolés.
Elles facilitent l’acheminement :

  • De traitements antiviraux (tecovirimat).
  • De matériel d’hygiène (savons antiseptiques).

Leur action est saluée par l’Afrique du Sud et l’Union africaine comme un modèle de partenariat.

Comment enrayer la propagation ?

Pour répondre à la question : « Comment stopper le mpox en Afrique ? », il faut combiner plusieurs leviers :

  • Vaccination ciblée des personnels de santé et des populations à risque (travailleurs de marché, familles de malades).
  • Surveillance accrue aux points de passage frontaliers (Benguela, Douala).
  • Renforcement des laboratoires pour livrer en temps réel des données épidémiologiques.
  • Communication culturelle : impliquer leaders traditionnels et artistes (musiciens congolais, griots) pour diffuser des messages de prévention adaptés aux dialectes locaux.

Fait historique et culturel

En 1980, la variole humaine avait été déclarée éradiquée – un succès porté par l’OMS et la Société de la Croix-rouge. Aujourd’hui, le mpox remet en question cet acquis, rappelant la fragilité des systèmes de santé. L’écrivain congolais Sony Labou Tansi avait déjà mis en garde contre la « barbarie invisible » des épidémies dans la littérature africaine des années 1980.

En parallèle, des projets de recherche à l’Institut Pasteur (Dakar) explorent l’origine animale du virus. Ces travaux rappellent l’importance de la One Health, c’est-à-dire l’interconnexion santé humaine, animale et environnementale.

Je partage ici un retour terrain : lors d’une mission en août 2024 dans l’est de la RDC, j’ai constaté l’engagement exemplaire des volontaires locaux. Leur détermination à informer maisons après maisons dépasse souvent le simple cadre sanitaire ; c’est un véritable acte de solidarité communautaire.

Cette crise du mpox nous invite à repenser notre approche globale des maladies émergentes. Elle souligne la nécessité de renforcer durablement la résilience des systèmes de santé africains, de Lagos à Kinshasa, tout en cultivant la mémoire collective des grandes épidémies passées.

Votre implication compte : partagez ces informations auprès de vos proches ou de votre réseau professionnel. Ensemble, nous pouvons transformer cette alerte en un levier puissant de prévention et de préparation aux défis sanitaires de demain.

Passionnée de sciences politiques et d’économie
Spécialiste Tech & Innovation
Amoureuse de la culture et des arts africains
Engagée pour l’environnement et la santé publique
Fan de sport et d’événements culturels
Réactivité et rigueur
Ton professionnel, chaleureux et créatif